Shurik’n
Mon encre si amère

[Couplet 1 - Akhenaton]
Tu le sais…
Je porte le monde sur mon dos comme Atlas
L’expérience du terrain qu’on mate là comme attelage
Qu’on passe ma vie au tamis
Quand la haine prend le cœur des amis, ça part en bad vibe
Ceux avec qui, on a partagé les choses s’aigrissent
Les appétits s’aiguisent, et y'a pas de place
Les agneaux se laissent pousser les griffes
Mais seule la gamberge vite te hisse hors du panier de crabes
Dans la nasse on dit "il est trop gentil
Ou bien il joue un jeu, c’est un gros bandit"
Laisse-moi être clair, je suis qu’un type lambda
Et tu le sais, alors s’il te plait arrête un peu de mentir
Au quotidien, je n’ai pas besoin d’escorte
Ni pour balader, ni pour parader
Ni pour que mon rap soit jugé à sa force, je m’en tiens à la forme
Façonné par l’armada de mon alphabet
En embrassant le hip-hop on se croyait meilleurs que les autres
J’ai vite vu qu’on ne valait pas mieux
On prend les courbes à 200 avec du soleil dans les yeux
Et presque fiers de dire qu’on ne vit pas vieux
Amour pour le clinquant, ça veut le chelem à 20 ans
Le tout avec une arme pour braquer les caisses à Printemps
Au lieu de valoriser les filles avec un gros QI
On fait la part belle à des poufs avec un gros cul, oui
Eh, c’est triste mais c’est comme ça
Et rien ne me console de ce constat
Prendre les armes mes convictions l’interdisent
Alors je me résous à dominer mes vertiges
[Refrain]
J’en veux au monde entier
Mon encre est si amère
Qu’une goutte pourrait rendre aigre la mer
Enfanté dans l’amour mes sentiments sont confus
On reste coincés au milieu des cactus

[Couplet 2 Shurik’n]
Je suis de ceux qui pensent, pas de ceux qui subissent
A la pointe de ma plume laisse-moi cultiver l’art de l’esquive
Je n’enfilerai pas leurs uniformes trop petits, trop serrés, trop de vices
Mon cœur lui a dû fuir pour ne pas se serrer
J’habite un monde qui pervertit tout ce qu’il touche et shoote tout ce qui bouge
Et roule sur tout ce qu’il peut le gêner
Tellement tordu qu’il change les nourrissons en tueurs nés
On finit par tous croire qu’y croire encore c’est dépassé
Regarde-les, certains que le but c’est en haut
Quitte à marcher sur quelques têtes et crocheter 2 ou 3 rivaux
Qu’ils me jugent comme ils veulent, moi j’ai pas la même conscience
La mienne me harcèle chaque fois que je m’élance dans le mauvais sens
Mes principes sont ma base, un char d’assaut
Une armée, sous mon crâne rasé, bronzé, mon cerveau s’embrase
Être libre et le rester, la cause que j’ai embrassé depuis l’oncle Tom
Moi je ne rentre plus dans aucune de leur case
Ça donne un tas de leçons mais ça ne donne pas l’exemple
On sait tous que les petits poissons c’est les gros qui les mangent
Et y'a aucune raison que ça change, dans le banal on nage
Les pigeons deviennent cannibales et se transmettent la rage
Les plus faibles périssent sans se défendre ou comprendre
C’est le sacrifice du sens sur l’autel de la finance
Il y a plus de canons qui se pointent, que de mains qui se tendent
Qu’est-ce qu’ils ont tous ? A quel moment on renait de nos cendres ?
Je sens que l’espoir me quitte, j’ai tant de blessures à l’âme
Ma colère gronde au fond et ma raison dépose les armes
Ne reste que ma haine, quand Amour et Paix se perdent
Mais on ne peut pas récolter d’or en semant de la merde
[Refrain]
J’en veux au monde entier
Mon encre est si amère
Qu’une goutte pourrait rendre aigre la mer
Enfanté dans l’amour mes sentiments sont confus
On reste coincé au milieu des cactus

[Outro]
J’en veux au monde entier, enfanté par l’amour